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9 décembre 1966 – Réussite tir d’une fusée-sonde Véronique AGI

Une fusée-sonde Véronique AGI a été tirée depuis le Centre Interarmées d’Essais d’Engins Spéciaux (CIEES) à Hammaguir le 9 décembre 1966, à 16 h 20 mn TU, par le Centre National d’Etudes Spatiales.

C’est le premier d’une série de tirs destinés à une expérience portant sur l’étude de la composition ionique de la basse ionosphère à l’aide d’un spectromètre de masse et de sondes électrostatiques. Le Département des Recherches Spatiales Radioélectriques (R.S.R.) du Centre National d’Etudes des Télécommunications (CNET) en était le responsable scientifique.

La fusée a culminé à une altitude de 122 km, la coiffe, dans laquelle on avait réalisé un vide de 10-4 mm de mercure, ayant été éjectée à 70 km d’altitude, pour libérer le spectromètre. La télémesure a donné entière satisfaction pendant toute la durée du vol. Les équipements scientifiques, qu étaient de conception et de réalisation entièrement nouvelles, ont très bien fonctionné.

L’originalité du spectromètre de masse utilisé pour cette expérience vient de ce qu’il permet une mesure continue de la densité en fonction de l’altitude, pour chaque composant ionique. Il doit ainsi permettre une analyse fine de la structure des stratifications horizontales de l’ionisation connues sous le nom de couche E sporadique. L’origine de ces couches est sans doute liée à l’existence des forts cisaillements de vent caractéristiques de cette région de la haute atmosphère, mais le mécanisme exact de leur formation reste mal connu. On pense que l’ionisation provenant de la vaporisation des météorites y joue un rôle important ; c’est pourquoi le spectromètre est en particulier destiné à détecter les ions du fer, du calcium, du silicium et du magnésium.

Ce sont les premières mesures sur la composition ionique de la haute atmosphère obtenues en France à l’aide d’une fusée-sonde.

L’étude, la réalisation et l’intégration de la charge utile et de ses équipements annexes ont été menées par ELECMA (Division Electronique de la SNECMA).

Les appareils embarqués sont de conception entièrement nouvelle. Les capteurs – sondes de Langmuir à grille et spectromètre de masse de Geerk – ont été étudiés à l’Institut Franco-Allemand de Saint-Louis (I.S.L.), et l’électronique de mesure – amplificateurs électrométriques de sensibilité de 10-13 ampère – au Laboratoire de Génie Electrique du CNRS à Toulouse (L.G.E.), le Laboratoire Central de l’Armement (L.C.A.) assumant la responsabilité technique de l’ensemble de la réalisation de l’équipement scientifique.

Le Laboratoire de Recherches Balistiques et Aérodynamiques (L.R.B.A.) a mis au point le système de rotation de la fusée, spécialement conçu pour cette expérience.

Les données recueillies sont en cours de dépouillement et les résultats s’annoncent prometteurs.

Article paru dans la revue CNES « La Recherche Spatiale » – Volume VI N°2 – Février 1967

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