Revenir

49 ans après son décès, que reste-t-il de von Braun ?

Par Philippe Varnoteaux – Docteur en Histoire – Membre IFHE

Article publié dans la revue de l’IFHE Espace & Temps n°8  (Décembre 2011) pour les cent ans de la naissance de von Braun.

Il a souvent été dit et écrit que Wernher von Braun a été l’un des plus brillants ingénieurs du XXème siècle, considéré comme un des « pères » des fusées modernes sans qui les hommes n’auraient pas marché sur la Lune, en tout cas pas avant 1969. Il a également été souligné à maintes reprises que von Braun traîne derrière lui un passé sulfureux lié à l’un des régimes les plus honnis de l’histoire : l’Allemagne nazie. Retour sur le personnage cent ans après sa naissance, trente cinq ans après sa disparition…

La « première vie » de von Braun

Né le 23 mars 1912 à Wirsitz, en Posnanie, Wernher von Braun manifeste très tôt son intérêt pour l’astronautique. Dans l’Entre-deux-guerres, il fait partie de ces « fous de fusées » qui expérimentent des engins devant de spectateurs parfois médusés. Il rejoint la VfR, la Verein für Raumschiffahrt (« l’Association pour les voyages dans l’espace ») fondée en juillet 1927 par Johannes Winkler. Séduit par les activités de cette association, le capitaine Walter Dornberger propose aux membres de la VfR de travailler pour l’armée de Terre qui, en échange, financera leurs travaux. La plupart refusent…à l’exception de von Braun qui rejoint les militaires en octobre 1932.

Von Braun en compagnie des militaires lors d’une visite d’officiels (c) DR

Si l’arrivée au pouvoir d’Hitler en janvier 1933 bouleverse l’histoire de l’Allemagne (puis celle de l’Europe et du monde), cela n’empêche pas von Braun de continuer ses recherches sur les fusées. Pour effectuer au mieux ses expérimentations, il propose même en 1936 l’idée de créer un centre d’essais à Peenemünde sur les rives de la Baltique. Entre 1937 et 1942, de nombreux tirs y sont effectués, ponctués de nombreux échecs, au point que les autorités doutent de l’intérêt des fusées.

Le 3 octobre 1942, une fusée A4 réalise enfin une course balistique qui l’amène à environ 90 km d’altitude (poussée de 27 t, charge utile de 740 kg). Von Braun exulte : « Pour la première fois, un objet fait de main d’homme avait quitté l’atmosphère et atteint l’espace » [1]. Désormais, cet objet intéresse les responsables allemands qui veulent en faire une « arme de représailles » sous le nom de V2 (Vergeltungswaffe n°2) [2]. Comme l’Allemagne subit d’intenses bombardements, Hitler considère que ce V2 peut être un moyen de se venger en frappant les villes et les centres industriels alliés. Pour von Braun, c’est le début d’un fourvoiement avec un régime qui se radicalise.

En 1943-44, les SS prennent peu à peu le contrôle des armes V, dont le V2 jusqu’alors sous la responsabilité de l’armée de Terre. Toutefois, face aux échecs et à la « lenteur » de la mise au point du V2 en tant qu’arme opérationnelle, von Braun et ses hommes sont un temps inquiétés par les SS. Dornberger se démène pour écarter les soupçons (de sabotage) qui pèsent sur von Braun. Quant aux usines de fabrication de V2, pour échapper aux bombardements alliés, elles sont mises à l’abri dans le massif du Hartz près du camp de concentration de Dora-Mittelbau. Des dizaines de milliers d’ouvriers-esclaves sont assignés à la fabrication de ces engins ; plus de 20.000 d’entre eux meurent à la tâche. Au lendemain de la guerre, certains survivants affirmeront avoir aperçu von Braun visiter les galeries où ceux-ci travaillaient dans des conditions épouvantables [3]. Von Braun a toujours affirmé qu’il ne savait pas quelles étaient les conditions de détention à Dora. Il est toujours difficile de savoir où s’arrête le déni et où commence la sincérité.

Photographie de propagande montrant des prisonniers (en bonne condition) travaillant sur les chaînes de montage des V2 dans le camp de Dora (c) Walter Frentz (photographe officiel du Ministère de l’Armement, 1944)

Quoi qu’il en soit, entre septembre 1944 et mars 1945, 3.255 V2 ont au total été tirés sur principalement Londres et Anvers, mais aussi sur Lille, Turcoing, Arras et même sur Paris [4], faisant au moins 2700 victimes [5]. Et cela, Von Braun le savait pertinemment : « nous savions tous en 1944 que nos fusées A4 allaient être utilisées à des fins militaires », en soulignant que « nous en fûmes affligés » [6]

D’une époque à l’autre.

A l’annonce de la mort d’Hitler, von Braun et ses proches n’ont pas l’intention de vivre dans une Allemagne à l’avenir problématique. C’est la raison pour laquelle ils se rendent le 2 mai 1945 aux Américains qui, dans le cadre de l’opération Paperclip, les transfèrent aux Etats-Unis. Ils ne sont pas les seuls à avoir une telle démarche : les Soviétiques [7], les Français [8] mais aussi les Britanniques récupèrent du matériel et des scientifiques allemands qu’ils « invitent » chez eux à livrer leurs connaissances. Les vainqueurs de la guerre veulent ainsi récupérer le savoir-faire allemand. L’historienne américaine Linda Hunt a démontré au tout début des années 1990 que le recrutement des scientifiques allemands s’est même poursuivi des années après la fin de la guerre  [9]. N’oublions pas le contexte de l’époque qui a rapidement opposé les Etats-Unis à l’URSS. Ces derniers se sont engagés dans une folle course aux armements. La maîtrise des technologies en général, celle des missiles balistiques de type V2 en particulier, a vite intéressé les stratèges de la Guerre froide. Les travaux de von Braun devenaient incontournables, au mépris de toute question morale [10]

La reddition aux Américains. De gauche à droite au premier rang : le major-général Walter Dornberger (commandant de Peenemünde), Wernher von Braun (avec un bras cassé) ; au second plan : un sol-dat américain, le lieutenant-colonel Herbert Axter, Hans Lindenberg.

La « seconde vie » de von Braun

Installés fin novembre 1945 à Fort Bliss au Texas, près de la frontière mexicaine, von Braun et ses hommes reprennent leurs études là où ils les avaient laissées en Allemagne. Ils aident les militaires américains à reconstituer et à se familiariser avec les V2, dont le premier tir « made in America » est réalisé le 16 avril 1946. Le 10 octobre 1946, un V2 est même utilisé en tant que fusée-sonde (étude des rayons cosmiques et solaires). La plupart de ces V2 sont lancés depuis White Sands, le « Peenemünde sur le Rio Grande », à quelques dizaines de kilomètres de Fort Bliss. Des petits animaux sont également embarqués dans des pointes de V2, comme des souris le 31 août 1950. Enthousiaste, von Braun déclare : « Il n’y aura jamais de raison de ne pas tout tenter [pour faire des] voyages interplanétaires… » [11].

L’équipe de von Braun à White Sands en 1946

A partir de 1950, les Allemands sont installés à Huntsville, où ils travaillent pour le Redstone Arsenal de l’armée de Terre. Les militaires leur demandent en mai 1951 de réaliser rapidement un missile balistique. La Guerre froide fait alors rage en Corée. A partir de la technologie du V2, von Braun met au point le Redstone. Au même moment, en octobre 1952, la communauté scientifique internationale préconise une étude globale de la Terre pour 1957-58 (Année géophysique internationale). Peu à peu émerge l’idée de construire pour cette occasion des satellites artificiels qui pourraient effectuer des études de l’atmosphère à la verticale. Enthousiaste, von Braun formule en juillet 1954 son projet de satellite artificiel Orbiter pouvant être placé sur orbite par une de ses fusées (Jupiter [12]). Si les autorités politiques américaines sont séduites par l’idée du satellite (été 1955), en revanche, elles estiment que celui-ci sera lancé par une fusée 100 % américaine (Vanguard). Exit von Braun… bien qu’il soit naturalisé américain le 15 avril 1955.

von Braun discutant avec le Dr Ernst Stühlinger lors d’une émission spéciale réalisée par Walt Disney (1950) (c) NASA / Walt Disney

Le 4 octobre 1957, les Soviétiques créent la surprise en plaçant les premiers sur orbite Spoutnik-I (83,6 kg), le premier satellite artificiel de l’histoire ! Un coup de chance ? Non car ils récidivent le 3 novembre suivant avec Spoutnik-II, un véritable laboratoire spatial de 508 kg avec à l’intérieur la chienne Laïka, destiné à l’AGI ! Le 6 décembre, les Etats-Unis lancent enfin leur Vanguard…qui s’effondre lamentablement en direct à la télévision. Consternés, les responsables demandent à von Braun de satelliser au plus vite avec un de ses missiles : le 31 janvier 1958, son Jupiter-C place du premier coup sur orbite Explorer-1 (14 kg), le premier satellite artificiel américain. Toutefois, les Soviétiques poursuivent leurs coups spectaculaires en lançant le 15 mai 1958 un autre laboratoire spatial de 1327 kg (Spoutnik-III).

Von Braun interviewé par le magazine Life après les premiers succès soviétiques d’octobre et novembre 1957. © Life

Excédés, les Américains veulent surprendre à leur tour. C’est la raison pour laquelle le président Eisenhower décide dès juillet 1958 de créer la NASA. Dans la foulée, il est également annoncé que des hommes vont se préparer pour être placés sur orbite autour de la Terre (programme Mercury) à l’aide du puissant missile balistique militaire Atlas [13]. Toutefois, avant d’effectuer les mises sur orbite, la NASA réalise deux vols suborbitaux les 5 mai (A. Shepard) et 21 juillet 1961 (G. Grissom) à l’aide des Redstone de von Braun. Les fusées de von Braun ont jusqu’alors un double usage : si elles sont donc ponctuellement utilisées pour des usages scientifiques, elles restent cependant l’apanage des militaires qui en font de redoutables missiles opérationnels. Ainsi, les Jupiter sont installés dès 1959 en Italie et en Turquie dans le cadre de l’OTAN. Anticipant l’avenir, les militaires demandent également à von Braun de réfléchir sur la possibilité de construire une fusée géante (Super-Jupiter) capable d’emporter des satellites de l’ordre de 15 à 18 tonnes.

Entre temps, le contexte évolue au cours des années 1958-1961. La NASA obtient peu à peu la haute main sur les lanceurs à vocation civile. Von Braun et son équipe passent alors de la tutelle des militaires à celle de la NASA. Il devient même le 1er juillet 1960 le premier directeur du George Marshall Space Flight Center (MSFC), un centre de la NASA destiné à concevoir et à fabriquer des systèmes spatiaux, ainsi qu’à l’entrainement des astronautes, installé à l’Arsenal Redstone. Désormais, les médias se prennent de passion pour ce singulier personnage. De nombreux reportages et publications, tant aux Etats-Unis qu’ailleurs dans le monde occidental, soulignent le génie et le côté visionnaire de l’homme [14]. Même Walt Disney se prend de passion pour von Braun en lui consacrant une série documentaire.

Alors que le programme Mercury n’a pas encore satellisé un Américain, les Soviétiques créent encore la surprise le 12 avril 1961 en plaçant sur orbite le premier homme (Yuri Gagarine). Le président Kennedy riposte le 25 mai 1961 : dans un discours prononcé au Congrès, il annonce qu’avant la fin de la décennie un Américain marchera sur la Lune ! Pour réaliser cet exploit, von Braun et ses fusées sont incontournables. Le 12 septembre 1962, Kennedy rend même visite à von Braun au MSFC.

Von Braun et Kennedy qui vient lui rendre visite au Marshall Space Flight Center, septembre 1962 © NASA

Von Braun commence par développer l’impressionnante Saturn-I (poussée : 670 t, charge utile : 9 t). Toutefois, pour envoyer des hommes sur la Lune, celle-ci est encore insuffisante. Il construit alors la spectaculaire Saturn-V (poussée : 3400 t, charge utile : 118 t) qui permet le 20 juillet 1969 à Neil Armstrong et à Buzz Aldrin (mission Apollo-11) de fouler le sol lunaire. L’Amérique triomphe enfin ! C’est aussi la consécration pour von Braun. Ce dernier vient de réaliser à la fois un des rêves les plus anciens et un des plus grands exploits de l’humanité. En novembre 1969, Apollo-12 confirme le succès et la grande maîtrise des Américains à effectuer des missions délicates et spectaculaires. Von Braun considère qu’il faut dès maintenant préparer la prochaine étape : la conquête de Mars.

La disgrâce

Toutefois, les deux premiers débarquements lunaires effectués, les critiques ne tardent pas à prendre le pas sur la poursuite du programme Apollo et cela pour plusieurs raisons. Premièrement, la « course à la Lune » est gagnée ; pourquoi poursuivre et prendre le risque d’un drame ? L’incident d’Apollo-13 en avril 1970 donne en partie raison aux détracteurs. Deuxièmement, Apollo coûte selon les opposants une fortune ; ne faudrait-il pas calmer les rêves de grandeur de la NASA avant que ceux-ci ne prennent des proportions démesurées ? Troisièmement, la guerre au Vietnam nécessite d’importants investissements ; Apollo ne détournerait-il pas inutilement une partie des efforts de la nation ? Ce type de critiques finit par convaincre les politiques : le 2 septembre 1970, le Congrès limite le budget de la NASA, ce qui entraîne l’annulation des missions Apollo-18 et 19 ; Apollo-20 avait déjà été annulé dès janvier 1970. Comprenant que cela signe l’arrêt des ambitions de la NASA, von Braun démissionne de son poste de directeur du MSFC en février. Néanmoins, Thomas Paine, le directeur de la NASA, l’appelle à ses côtés pour expliquer et populariser la conquête spatiale. Infatigable, von Braun continue de convaincre des enjeux de l’espace… Cependant, l’opposition grandit encore. L’heure est désormais à un espace utile, à un espace commercial qui doit être rentable. Cette vision est partagée par le président Nixon (1969-1974). Désavoué, Thomas Paine quitte la NASA en septembre 1970. Son successeur George Low finit par évincer von Braun le 27 mai 1972 [15].

Von Braun au moment où il quitte la NASA. Ici, en compagnie du Dr Rees Eberhard, son successeur à la tête du Marshall Space Flight Center en mars 1970 (c) NASA

Après son départ de la NASA, von Braun continue d’œuvrer en faveur de l’espace. Il intègre alors la société Fairchild Engine & Airplane Corporation qui fabrique le satellite ATS-6 [16], dont il fait la promotion dans plusieurs pays. ATS-6 est devenu le premier satellite éducatif au monde, pionnier de la télédiffusion directe en retransmettant par exemple des émissions éducatives entre les Etats-Unis et l’Inde. Cependant, en 1973, on lui diagnostique un cancer qui ronge peu à peu son foie. Cela ne l’empêche pas de poursuivre ses actions, puisqu’en 1974 il fonde le NSI (Institut national de l’espace). Malheureusement, sa maladie gagne du terrain et, le 16 juin 1977, il décède âgé seulement de 65 ans. Il est alors enterré à Arlington. Le président Jimmy Carter prononce ces quelques mots en sa mémoire : « Pour des millions d’Américains, le nom de Wernher von Braun est inextricablement lié à notre exploration de l’espace. Non seulement nous, mais les peuples des autres pays, avons profité de son travail ».

Quelle postérité ?

Que de progrès entre le petit V2 et le géant Saturn-V ! Et pourtant l’incroyable lanceur Saturn-V (qui aura permis aux hommes de marcher sur la Lune) n’a jamais réussi à faire taire les polémiques autour du personnage de von Braun. Ainsi, des Américains se sont demandé comment autant d’Allemands au passé plus ou moins sulfureux ont été amenés et protégés aux Etats-Unis ? D’autres ont estimé au contraire qu’il fallait désormais retenir et apprécier le génie de l’homme, comme cela a été le cas de Frederick Ordway (ancien porte-parole de la NASA) qui a même cherché à minimiser le passé nazi [17]. Néanmoins, pour beaucoup, c’est tout de même un sentiment de perplexité qui domine. Par exemple Norman Mailer, dans son Bivouac sur la Lune (1970), se demandait si le voyage des hommes vers la Lune était l’œuvre de Dieu ou du Diable ?

Derrière les polémiques, se dissimule finalement l’éternelle question de savoir si von Braun a été ou non impliqué dans le régime nazi ? En tant que concepteur et constructeur-responsable des V2, il est difficile de nier son implication, voire une collaboration pour certains historiens [18]. En revanche, on ne peut peut-être pas le soupçonner de « crime contre l’humanité ». Son action n’a jamais été liée directement à la Solution finale, même si des prisonniers juifs ont été astreints à la construction des V2. De même, il n’a pas cherché à faire carrière dans la SS, ce qui lui a d’ailleurs valu des soucis dans les premiers mois de l’année 1944. Enfin, d’autres ont également souligné que von Braun n’a finalement jamais été offusqué par le régime d’Hitler [19]. Certes mais, dans le même temps, qui à l’époque de l’Allemagne nazie n’a pas été à un moment donné ou un autre fasciné par Hitler ?

Wernher von Braun a été en somme un homme de « plusieurs temps » : avant 1933, il a été un jeune fou passionné de fusées ; de 1933 à 1945, il a mis son savoir-faire au service d’un des régimes les plus destructeurs de l’histoire, apparaissant ainsi comme un « apprenti sorcier » [20] ; après 1945, il est entré au service de la puissance étatsunienne permettant « le triomphe de l’esprit » [21]. Si von Braun a été un « génie sans scrupules » [22] qui a su traverser les périodes troublées, il n’en restera pas moins un personnage emblématique du XXème siècle.

[1] Von Braun W. & Ordway F., The Rocket’s Red Glare, An Illustrated History of Rocketry Through the Ages, Anchor Press / Doubleday, New-York, 1976, p.147.

[2] Les publications sont particulièrement abondantes sur le V2 ; citons le dernier en date en langue française : Desquesnes R., Les armes secrètes d’Hitler, Ouest-France, Rennes, 2012.

[3] Dutillieux M., Le camp des armes secrètes. Dora-Mittelbau, Ouest-France, Rennes, 1993.

[4] Les travaux de Roland Hautefeuille ont permis de mieux comprendre comment les Allemands avaient un temps projeté de frapper Paris à l’aide de V2 ; voir son article, « Le bombardement de Paris par V2 (septembre-octobre 1944) », in Revue historique des Armées n°166, mars 1987, pp.114-119.

[5] Kohler P. et Germain J-R., Von Braun contre Korolev, Plon, Paris, 1994, p.90.

[6] Ruland B., Wernher von Braun, Tallandier, Paris, 1970, p.141.

[7] Voir notre article, « La récupération du V2 et des spécialistes allemands par les Américains et les Soviétiques », Histoire de Guerre N°66, février 2006, pp. 44-51.

[8] Voir notamment les travaux de Jacques Villain : « L’apport des scientifiques allemands aux programmes de recherches relatifs aux fusées et avions à réaction à partir de 1945 », in La France face aux problèmes d’armement (1945-1950), ADDIM, Paris, 1996 ; « La France a-t-elle hérité de Peenemünde ? », communication AAAF, octobre 1992.

[9] Hunt Linda,  L’affaire Paperclip. La récupération des scientifiques nazis par les Américains 1945-1990, Stock, Paris, 1995.

[10] L’accueil d’Allemands sur le sol américain avait soulevé d’autant plus d’indignations, que d’anciens prisonniers juifs des camps de la mort s’étaient vus refusés leur accès aux Etats-Unis…

[11] Ruland B., op.cit., p.244.

[12] Dérivé du Redstone, le Jupiter a été le premier missile balistique américain de moyenne portée.

[13] Premier missile balistique intercontinental américain développé par l’US Air Force.

[14] Par exemple, dans A quoi rêve von Braun ?, reportage diffusé le 3 août 1959 à la télévision française dans le magazine Cinq colonnes à la une, le commentateur commence par l’évocation des V1 et V2 en soulignant que ceux-ci ont provoqué des destructions et des morts. Ensuite, le commentateur laisse la parole à von Braun qui présente son célèbre projet de station orbitale circulaire. Après avoir expliqué l’assemblage de la station, von Braun termine en annonçant que la prochaine étape sera inévitablement la Lune. Le reportage peut être visionné à partir de http://www.ina.fr/economie-et-societe/justice-et-faits-divers/video/CAF91031231/a-quoi-reve-von-braun.fr.html

[15] Certains, comme Bob Ward (Dr Space. The Life of Wernher von Braun, Naval Institute Press, 2005), ont expliqué ce geste pour des raisons de jalousie…

[16] Applications Technology Satellite devait permettre le développement de nouvelles technologies spatiales pour de futures satellites d’application, comme les satellites de communication, de météorologie, etc. Les cinq premiers ATS avaient été construits par Hughes Aircraft Compagny ; Fairchild a construit le 6ème et dernier exemplaire (lancé le 30 mai 1974).

[17] Linda Hunt, op. cit., p. 337.

[18] Eisfeld Rainer, Wernher von Braun und die Geburt des Raumfahrt aus dem Geist der Barbarei, (Wernher von Braun et la naissance de voyages dans l’espace dans l’esprit de la barbarie), Rowohlt, Hambourg, 1996.

[19] Durand P., « Du nouveau sur le passé nazi de Wernher von Braun », in l’Humanité 3 février 1997.

[20] Rival M., Les apprentis sorciers, Seuil, Paris, 1996.

[21] Ruland B., Wernher von Braun, Tallandier, Paris, 1970.

[22] http://www.jeremy-zucchi.com/categorie-11654536.html

 

 

© 2023 Institut Français d'Histoire de l'Espace · Tous droits réservés