Les satellites Diadème – Partie 1
Les satellites du programme D-1
Ce programme a été conçu pour combiner la mise au point du lanceur français DIAMANT et l’essai dans l’espace de satellites de conception et de fabrication également nationales, ainsi que la vérification du bon fonctionnement du réseau de stations terrestres de poursuite, de télémesure et de télécommande, préparant ainsi les futures missions du CNES. Cette vérification technologique de plus en plus poussée devait s’accompagner d’un programme scientifique de plus en plus élaboré dans le domaine de la géodésie.
La série D-1 a été inaugurée par le lancement, le 17 février 1966, du satellite D-1A, baptisé DIAPASON, construit par le Centre National d’Etudes Spatiales (CNES), à partir du Centre Interarmées d’Essais d’Engins Spéciaux (CIEES), champ de tir français situé à Hammaguir (Algérie). C’est la Société pour l’Etude et la Réalisation d’engins Balistiques (SEREB) qui a assuré la maîtrise d’œuvre du lanceur et du lancement, sous le contrôle de la <délégation Ministérielle pour l’Armement (D. M. A.).
DIAPASON était le deuxième satellite du CNES à être placé sur orbite. Le CNES avait en effet fabriqué précédemment le satellite scientifique FR-1 qui fut lancé le 6 décembre 1965, de la base de Vandenberg – en Californie – par une fusée SCOUT.
De même était-ce le deuxième DIAMANT mis à feu, le premier l’ayant été avec succès le 26 novembre 1965, ce qui avait fourni la preuve de son aptitude à satelliser une charge utile.
DIAPASON a été vraiment le banc d’essai in situ des éléments de base de la technologie spatiale française. La réussite parfaite de cette expérience ressort du fait que, alors qu’on espérait une vie utile de 3 mois, ce satellite continuait à fonctionner normalement près d’un an après sa mise en orbite.
On rappelle que DIAPASON, qui pèse 19 kg, a été placé sur une orbite de 2 740 km d’apogée et de 505 km de périgée (118,74 mn de période de révolution). Ses équipements de bord sont alimentés en électricité par un générateur solaire et une batterie.
DIAPASON, en remplissant en tous points les missions qui lui avaient été confiées a rendu inutile le lancement de D-1B qui était gardé en réserve en cas d’échec.
D’autre part, le fonctionnement très satisfaisant des 2 premiers DIAMANT permettait de réduire la part d’instrumentation sur le lanceur lors des 2 derniers tirs de la série et de profiter du gain de poids correspondant pour améliorer l’expérience scientifique.
C’est ainsi que les deux derniers modèles de vol D-1C et D-1D ont été modifiés d’une façon qui fait l’objet de cet article.
On s’attachera à montrer surtout en quoi ils diffèrent de D-1A. Pour la plupart des équipements embarqués, qui sont les mêmes, ou ce qui concerne la poursuite et les opérations du satellite, on se reportera au Document de presse publié à l’occasion du lancement de D-1A (1).
Les deux satellites D-1C et D-1D sont identiques. Ils doivent être lancés à une dizaine de jours d’intervalle au début de février 1967 avec les DIAMANT 3 et 4. Ce seront les derniers lancements de satellites de Hammaguir (2).
Le prochain satellite du CNES, D-2, actuellement en cours de fabrication, sera mis sur orbite en 1969 à partir du Centre Spatial Guyanais.
Au Centre National d’Etudes Spatiales, le programme des satellites D-1 est placé sous la responsabilité de M. Jean-Pierre Causse. Les satellites D-1C et D-1D ont été construits au Centre Spatial de Brétigny, sous l’autorité de M. A. Adamy, par la Division Satellites que dirige M. X. Namy. La définition de la mission et l’organisation du programmme scientifique ont été faites par M. J.M. de Lamare de la Direction des Programmes et du Plan. Les expériences de géodésie sont placées sous la responsabilité de M. Jean Kovalesky, du Bureau des Longitudes, qui est chargé en particulier de coordonner les travaux des nombreux participants à cette expérience
(1) voir la Recherche Spatiale, Vol. V, n°2.
(2) D-1C a été lancer le 8 février 1967 et D-1D le 15 février 1967.
Source : Revue CNES « La recherche spatiale » – Volume VI – N°2 – Février 1967.